L’écume des révoltes – Bricolage sonore #3

« Pas d’justice – pas d’paix ! » ; « On n’oublie pas – on pardonne pas – Zyed, Bouna, Théo et Adama ! » ; « Tout – le monde – déteste la police ! » ; la rage de l’indignation a une fois de plus résonné le 15 février dernier à Paris, portée par une manifestation spontanée en plein cœur de Barbès.

Les jours se sont écoulés, et le calme de la tranquillité, tant éphémère qu’illusoire, ne masque que difficilement le rictus qui se creuse depuis des années sur le visage de la justice. Et sur les nôtres, se cristallisent l’indifférence désolante, l’ironie grimaçante, la douleur aveugle ou éclairée, la violence des rapports sociaux y infligent leurs plaies. Les uns y verront une spirale du vice infectieuse, les autres y verront un ordre des choses paralysé par nature. Certains diront que j’en écris trop, d’autres pas assez, que je joue sur les mots, sur les émotions …

Alors j’ai tenté de retranscrire comme elle me parvient cette indignation structurelle, mue par un état de nécessité, un esprit de révolte. Peut-être qu’ainsi formulé, le cri paraîtra moins enragé, bestial, menaçant, primaire, simpliste, utopique, naïf … Vain. Peut-être qu’ainsi on y percevra plus sensiblement sa nécessité viscérale, qu’on y entendra plus nettement se bousculer la souffrance d’une communauté humaine amputée de sa justice, la tension électrisée par la Violence, la rage à laquelle les structures impersonnelles de la bureaucratie et du capitalisme tournent le dos, l’humanisme qui nous interpelle avec une peine qu’il ne se résout pas à qualifier de capitale.

L’impunité qu’il y a à travestir les dépossédés (du pouvoir, du confort matériel, de la parole …) en possédés (par leur ignorance, leurs instincts, …), voilà le maléfice à exorciser. Une impunité structurelle reposant sur la xénophobie, la tyrannie des stéréotypes, l’indifférence résignée … Une impunité qui n’a que trop longtemps infusé dans le corps social. Une impunité scatologique, qui n’attend que l’émergence d’une conscience de chasse.

Hideux de mépris, le conservateur se plait à défigurer le visage de la révolte. Or il n’y a pas de bourgeon sans printemps, de bruissement sans bourrasque. Plus qu’à poser le micro en terres de révolte pour les recueillir :

Avec les voix de :

  • Frederic Lordon (https://www.youtube.com/watch?v=4PEJlSvVZaY&t=23s & https://www.youtube.com/watch?v=IY94-Fkf3iw & https://www.youtube.com/watch?v=6-Jps8hdZgg)
  • Mathieu Burnel (https://www.youtube.com/watch?v=ts4d-V6XwX8&t=17s)
  • Des ouvriers lors de mai 68 (https://www.youtube.com/watch?v=CeZ_8YDhuyA)
  • Albert Camus (https://www.youtube.com/watch?v=Q7y5q45qF7E)
  • Un chercheur discourant lors du rassemblement contre la corruption le 19 février à Paris
  • Edwy Plenel (https://www.youtube.com/watch?v=HyXm4Pe_AKY&t=990s)
  • Noam Chomsky (https://www.youtube.com/watch?v=mLAeNmRwY3I)
  • Henri Guillemin (https://www.youtube.com/watch?v=sicSOROTNEc&t=1874s)

En fond sonore :

  • Boards Of Canada – Olson (Wrm remix) (https://www.youtube.com/watch?v=j7HfxgQdDW4)
  • Manif à Paris contre la loi travail le 17 mars 2016 (https://www.youtube.com/watch?v=mQkO0vL8UhY)
  • Manif au Liban contre la classe politique le 29 août 2015 (https://www.youtube.com/watch?v=bb6AIUuOklU&t=2s)
  • Manif à Athènes contre la politique de rigueur le 10 février 2010 (https://www.youtube.com/watch?v=oLeONL_g6vQ)
  • Manif à Paris contre les violences policières le 15 février 2017

Bastien Barouh

Eclecteaste dans l'âme, la vingtaine dans l'âge, je suis étudiant en sciences humaines et scribe new age.